Merci, Monsieur Hayek !


En 1998, comme tous, je découvre la smart. Une bouille d’enfer, des couleurs fluo, nerveuse et agile ; elle a tout pour plaire. Certains la dénigrent à cause de son côté dérisoire (vous vous rendez compte ! deux places seulement et puis presque pas de coffre… ), d’autres, et je fais partie de ceux-là, soulignent son côté écolo, pratique, son look et l’image qu’elle véhicule. En plus, même si la marque (MCC) est allemande, la voiture est fabriquée dans l’est de la France ce qui apporte un nouveau souffle à une région économiquement sinistrée.

 

Photo de gauche : la Smartville à Entraigues, village d'adoption de Jean FERRAT

Photo de droite : sur la route du retoir, arrêt devant les batiments d'exploitation de l'eau de Vals

 

 


2000 – Essai Agnès B


En 2000, je me rends au SC de Valence pour en savoir un peu plus sur cette petite voiture. On me propose un prêt pour la journée, essence prise en charge par la concession. Seul hic, un chèque de caution en cas d’accident responsable. Mais bon, nous ferons attention.


Le modèle prêté est une Agnès B, c’est-à-dire une finition passion (haut de gamme) avec des accessoires et une griffe spécifique à cette série spéciale. Extérieurement le Tridion est noir, tandis que les Body Panels sont gris. On est déjà loin des premières smart fluo. La voiture fait « très classe ». A l’intérieur, on trouve l’horloge et le compte-tour, des sièges cuir chauffants ainsi que la clim. La boîte est une softouch, c’est-à-dire qu’elle combine une boîte séquentielle et une boîte auto.


De ce premier essai, il me reste une impression très agréable mais aussi un souvenir d’une voiture difficile en maintien de cap avec une course de pédale de frein trop longue. J’ai aussi du mal à maîtriser le principe de mise en route.

 

 

 


2003 – Je me lance.

 


A l’été 2003, je décide d’acheter une smart. Je veux essayer, c’est-à-dire pas trop investir. Je veux une garantie car je ne connais pas la fiabilité de la mécanique. Je passe d’abord par le site smart et consulte les petites annonces des SC. Malheureusement, la base n’est pas vraiment à jour et bien souvent les véhicules repérés sont déjà vendus. De plus, je veux faire reprendre une 205 société et le véhicule ne semble pas correspondre à la demande des clients des SC. Le SC Villiers me propose même « un petit billet de 1000 » alors que la côte est deux fois supérieure.


Je vais me rabattre sur les petites annonces et je tombe sur une série spéciale Smartville à la concession Mercedes de Millau. Elle est blanche et noire (j’aurais préféré autre chose) mais l’intérieur et bleu avec des sièges orange. Construite autour d’une base pure, la voiture dispose d’un toit panoramique, d’un moteur 45 CV. Elle a 34 500 Kms, est garantie 6 mois et coûte 5000 €. Bonne surprise pour la 205, la reprise est de 2000 € soit sa côte argus.

 

 

Six mois et 10 000 Kms après.


Je trouve la mise en route parfois un peu déroutante, même après 10 000 kilomètres. Si on oublie la combinaison pied sur le frein + levier au neutre, on peut être agacé par ce démarreur qui refuse de tourner. Quand en ayant laissé ouvert les portes un certain temps, on oublie de lever l’antivol en appuyant sur la clef, ça peut être encore plus pénible.


En dehors de ça, la tenue de route est saine. La voiture bien que peu puissante est relativement nerveuse. Le bruit du moteur est agréable. La voiture secoue bien les passagers lorsque la route est mal carrossée. Par contre je maîtrise maintenant bien la trajectoire et me suis fait à la course de la pédale de frein.


Autres faits préjudiciables, ce sont la difficulté pour faire un démarrage en côte (absence d’embrayage au pied) et le flottement de transmission qui peut exister à basse vitesse lorsque la voiture est en train de rétrograder seule et que l’on remet les gaz.


Je me suis fait un peu peur l’autre jour avec le freinage. En pente forte, dans un virage et sur route mouillée, le train avant a bloqué rendant difficile la maîtrise de la trajectoire. C’est la première fois que je constate çà. Il faut dire que mes plaquettes arrivent au bout et qu’il doit rester 30 % sur mes pneus à l’avant.


Une petite astuce pour faire chuter le régime moteur le matin à froid : passer la marche arrière et revenir au neutre. Le moteur tombe tout de suite à 900 T/mn et peut chauffer à son rythme. Consommation inférieure à 5L/100 (record à 4,4 je crois). Petit problème pour obtenir « les trois bulles » le matin. Pour que ça chauffe plus vite, il vaut mieux ne pas mettre le chauffage car le circuit fait chuter la température. Je pense qu’il faudrait obturer l’une des entrées d’air.


Fiabilité


10 000 kilomètres donc et deux problèmes mineurs rencontrés sous garantie. D’abord une légère fuite sur une durit à la sortie de l’échangeur air-air (voir photo). Le SC de LYON a bien resserré le collier, mais n’a pas essuyé l’huile qui a coulé ce qui fait que je croyais que la fuite persistait.
Deuxième problème, une clef qui lâche et là c’est un peu compliqué car le module est HS et il faut deux jours au SC Valence pour le recevoir puis trois jour pour avoir la disquette de programmation. Problème supplémentaire, la clef à bouton unique d’origine ne se fait plus et je me retrouve avec une clef 3 boutons mais … la seconde clef 1 bouton qui marchait… ne marche plus. Affaire en cours.

 

 


Entretien


J’ai fait deux vidanges, l’une dès l’achat avec de la Elf Compet 15W40 et une seconde avant l’hiver avec de la Yacco 5W40. La lubrification semble meilleure car le moteur est bien moins bruyant. J’ai fait changer le filtre à huile une fois. La voiture est passée en grande révision au SC de Lyon. Pas de défaut relevé au calculateur. J’ai changé moi-même le câble d’antenne qui avait été arraché. Fourniture prise en compte par le vendeur ainsi que la garniture du coffre dont une charnière était cassée.

 

 


Accessoires


J’ai ajouté quelques accessoires complémentaires : tout d’abord un poste K7 avec tiroir CD. Radio acquise en promo. Il faut savoir que tout ce qui est bleu est en promo dans les SC. J’ai ensuite fait monter la montre et le compte-tours. Au SC de Valence, on me demandait 80 € pour la montre et 30 € pour le montage. Au SC Lyon, j’ai eu les deux instruments montés pour 100 € (c’est du bleu). J’ai aussi acheté une plage arrière et le repose pied proposé par un club.

 

 

 


Accident


Une infirmière un peu pressée m’a refusé la priorité un soir. Bilan, aile arrière droite cassée, enjoliveur HS et jante touchée. L’expert a été parfait puisqu’il m’a accordé 4 enjoliveurs smart, une jante en tôle, l’aile arrière et le contrôle du train arrière (RAS). Par contre j’ai dû faire l’avance de la réparation, le SC de LYON refusant la prise en charge de mon assurance. Pire, j’ai dû faire un chèque de caution pour la commande de l’aile noire. Ils ne l’avaient pas en stock donc ont dû la commander et ne voulaient pas la garder sur les doigts. Où trouver une aile de City sinon dans un SC ?

 

 


Conclusion


Croyez bien que j’aime beaucoup l’automobile. J’en ai eu un grand nombre et ce n’est pas forcément la plus puissante que j’ai le plus apprécié. Et bien je ne suis jamais monté dans ma City sans éprouver un grand plaisir. C’est une voiture hors normes, ce qui est bien agréable dans un monde où toutes les voitures se ressemblent. L’intérieur est spacieux et très convivial. Le bruit du moteur est agréable, la voiture est nerveuse et agile. Elle attire chaque jour des regards plaisants. Elle se faufile, prend la moitié d’un parcmètre etc.… Je l’aime tellement que je viens de signer pour une autre. Une voiture que je recommande.


Plus « Reduce to the max » que « Open your mind », j’admets volontiers que l’on puisse craquer pour un Roadster qui est une voiture fabuleuse et vendre une Forfour pour remplir les caisses.

 

Touches pas à ma City

 

 

 

 

 

 

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